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Est-il difficile d’obtenir la TRT au Canada?

La partie difficile, c’est l’analyse sanguine, pas le rendez-vous. Les lignes directrices canadiennes et internationales demandent au prescripteur des symptômes et une testostérone totale du matin basse, confirmée par un deuxième dosage, avant de commencer un traitement de remplacement de la testostérone (TRT); l’Association des urologues du Canada considère une testostérone totale inférieure à 10 nmol/L comme un seuil raisonnable. Un homme qui répond à ces critères obtient une ordonnance aussi bien en soins primaires, d’une infirmière praticienne ou d’un service en ligne. Un homme dont le taux est normal est refusé par tout prescripteur qui suit les lignes directrices. Voir un prescripteur, tout simplement, est plus difficile dans certaines provinces que dans d’autres : en 2023, entre 73 et 88 % des adultes avaient un fournisseur de soins de santé attitré, selon la province.

Qui peut prescrire la testostérone

La testostérone est une drogue contrôlée; le prescripteur doit donc être un praticien au sens de la loi fédérale. Les médecins le sont partout. Les infirmières praticiennes peuvent prescrire la testostérone depuis le Règlement sur les nouvelles catégories de praticiens de 2012, là où leur province l’autorise, et le Règlement sur les substances contrôlées en vigueur depuis le 1er octobre 2026 maintient les infirmières praticiennes parmi les praticiens tout en interdisant aux sages-femmes et aux podiatres les stéroïdes anabolisants, testostérone comprise. Les ordres professionnels de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick publient des normes pour les infirmières praticiennes qui couvrent la testostérone, habituellement après une formation obligatoire sur les substances contrôlées. Santé Canada précise que les règlements fédéraux ne permettent pas aux pharmaciens de prescrire des substances contrôlées; depuis le 1er octobre 2026, un pharmacien peut prolonger ou adapter une ordonnance existante dans certaines limites, mais pas en rédiger une nouvelle. Aucune province consultée pour cette page ne réserve la testostérone aux spécialistes. Le détail province par province se trouve sur la page qui peut prescrire la testostérone.

Ce qu’un prescripteur exige d’abord

La ligne directrice 2021 de l’Association des urologues du Canada précise que la testostérone totale d’un prélèvement du matin, entre 7 h et 11 h, « remains the best initial screening test », qu’une testostérone totale inférieure à 10 nmol/L « represents a reasonable diagnostic threshold », et que le diagnostic repose sur l’histoire, l’examen physique et les résultats de laboratoire pris ensemble. La ligne directrice 2018 de l’Endocrine Society demande une testostérone totale « unequivocally and consistently low » accompagnée de symptômes, le diagnostic étant confirmé en répétant le dosage du matin à jeun. La liste d’endocrinologie de Choisir avec soin, mise à jour en avril 2026, dit : « Don’t prescribe testosterone therapy unless there is biochemical evidence of testosterone deficiency », et sa liste d’urologie, mise à jour en juillet 2025, ajoute : « Don’t order serum testosterone in men without symptoms of hypogonadism » et « Don’t prescribe testosterone to men with erectile dysfunction who have normal testosterone levels ».

La revue de mai 2025 du Canadian Family Physician par Moe et Potter, que bien des médecins de famille lisent, résume ainsi les essais : la testostérone peut ajouter environ 1,6 kg de masse maigre chez les hommes plus âgés, mais n’a pas d’effet constant et significatif sur la fonction sexuelle, la force, la fatigue ou la cognition, n’augmente pas les événements prostatiques, les infarctus ni les AVC, et peut augmenter les embolies pulmonaires et la fibrillation auriculaire. Un médecin qui l’a lue voudra un taux bas confirmé avant de prescrire. Les analyses, leur moment et leur coût se trouvent sur la page sur le dosage de la testostérone; les seuils des lignes directrices en nmol/L et en ng/dL se trouvent sur la page sur les taux de testostérone.

Un questionnaire de symptômes ne remplace rien de tout cela. L’Association des urologues du Canada précise que les questionnaires de dépistage seuls ne doivent pas se substituer à une histoire détaillée, à un examen physique et à des analyses de laboratoire, et l’étude de validation du questionnaire ADAM lui-même a rapporté une sensibilité de 88 % et une spécificité de 60 %, ce qui veut dire qu’il signale beaucoup d’hommes dont la testostérone est normale.

Trouver un prescripteur

En 2023, 82,8 % des adultes canadiens avaient un fournisseur de soins de santé attitré : 87,6 % en Ontario, 85,4 % en Alberta, 84,9 % au Manitoba, 79,2 % en Nouvelle-Écosse, 78,1 % à Terre-Neuve-et-Labrador, 74,2 % au Québec et 73,1 % à l’Île-du-Prince-Édouard (Statistique Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, diffusée le 5 mars 2025). Le chiffre de l’ICIS pour 2024, mis à jour en juin 2026, est de 82,6 % à l’échelle nationale. Chaque province sauf la Saskatchewan tient un registre pour les personnes sans fournisseur :

Registres provinciaux pour trouver un médecin de famille ou une infirmière praticienne, noms confirmés le 8 octobre 2026. Le guide de chaque province donne le lien et la ligne de conseils en santé.
ProvinceRegistre
Colombie-BritanniqueHealth Connect Registry (HealthLink BC)
AlbertaAlberta Find a Provider (Primary Care Alberta)
SaskatchewanAucun registre provincial; HealthLine 811
ManitobaFamily Doctor Finder
OntarioHealth Care Connect
QuébecGuichet d’accès à la première ligne (GAP)
Nouveau-BrunswickPatient Connect NB
Nouvelle-ÉcosseNeed a Family Practice Registry
Île-du-Prince-ÉdouardPatient Registry Program
Terre-Neuve-et-LabradorPatient Connect NL

Une orientation vers un spécialiste n’est habituellement pas nécessaire. Pour ceux qui sont orientés, l’Enquête sur l’accès aux soins de santé et l’expérience des patients de 2024 de Statistique Canada a constaté que 36 % des personnes ayant besoin d’une première consultation avec un spécialiste ont attendu trois mois ou plus; l’enquête ne distingue pas l’endocrinologie ni l’urologie. Les services en ligne raccourcissent l’attente avant de voir un prescripteur, mais appliquent les mêmes critères de laboratoire; ce que chacun déclare sur son processus se trouve dans le tableau des fournisseurs, et la voie publique de chaque province se trouve sur la page accès par province.

Pourquoi un clinicien peut refuser

Les raisons données dans les lignes directrices et la monographie canadienne sont précises. L’Association des urologues du Canada cite le cancer du sein connu ou soupçonné et la maladie cardiovasculaire instable comme contre-indications, dit que les hommes qui souhaitent préserver leur fertilité « should be cautioned against the isolated use of exogenous testosterone », demande que les causes réversibles comme l’apnée du sommeil soient prises en charge d’abord, et fixe un hématocrite de 55 % ou plus comme seuil d’intervention. L’Endocrine Society déconseille le traitement chez les hommes qui prévoient une grossesse à court terme, les hommes atteints d’un cancer du sein ou de la prostate, d’un nodule prostatique palpable, d’un APS supérieur à 4 ng/mL, d’un hématocrite élevé, d’une apnée obstructive du sommeil grave non traitée, de symptômes graves des voies urinaires inférieures, d’une insuffisance cardiaque non maîtrisée, d’un infarctus ou d’un AVC dans les six derniers mois, ou d’une thrombophilie. La monographie du cypionate de testostérone de Taro, révisée le 26 mai 2022, indique que les androgènes sont contre-indiqués chez les hommes atteints d’un carcinome connu ou soupçonné de la prostate ou du sein, que l’hémoglobine et l’hématocrite doivent être vérifiés périodiquement, que le traitement peut aggraver l’apnée du sommeil, et que la testostérone peut augmenter la pression artérielle.

Aucune de ces raisons n’est un jugement sur la personne qui fait la demande. Ce sont les conditions dans lesquelles les preuves de bénéfice ont été recueillies et celles dans lesquelles des torts ont été constatés. Ce que les essais ont trouvé, pour et contre, se trouve dans les guides sur les preuves.

Questions fréquentes

Est-il difficile d’obtenir la TRT au Canada?

Cela dépend moins de la clinique que de l’analyse sanguine. Les lignes directrices canadiennes et internationales demandent au prescripteur des symptômes et une testostérone totale du matin basse, confirmée par un deuxième dosage, avant de traiter; l’Association des urologues du Canada considère une testostérone totale inférieure à 10 nmol/L comme un seuil raisonnable. Un homme qui répond à ces critères obtient une ordonnance aussi bien d’un médecin de famille, d’une infirmière praticienne ou d’un service en ligne. Un homme dont le taux est dans la normale est refusé par tout prescripteur qui suit les lignes directrices, et Choisir avec soin demande aux urologues de ne pas prescrire de testostérone aux hommes atteints de dysfonction érectile dont le taux est normal.

Puis-je simplement demander la TRT à mon médecin de famille?

Oui. Tout médecin peut prescrire la testostérone au Canada, et aucune province consultée pour cette page ne la réserve aux spécialistes. Le médecin demandera habituellement une analyse sanguine du matin d’abord et fera répéter un résultat bas avant de prescrire, parce que les lignes directrices et les monographies décrivent un traitement pour un déficit confirmé. Si vous n’avez pas de fournisseur attitré, chaque province sauf la Saskatchewan tient un registre pour en trouver un; les noms figurent sur cette page.

Les infirmières praticiennes prescrivent-elles la testostérone au Canada?

Oui, là où la province l’autorise. Les règlements fédéraux permettent aux infirmières praticiennes de prescrire la testostérone depuis 2012, et le Règlement sur les substances contrôlées en vigueur depuis le 1er octobre 2026 maintient les infirmières praticiennes parmi les praticiens tout en excluant les sages-femmes et les podiatres des stéroïdes anabolisants. Les ordres professionnels de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick publient des normes de prescription de drogues contrôlées pour les infirmières praticiennes qui incluent la testostérone, habituellement après une formation obligatoire. Les pharmaciens ne peuvent amorcer une ordonnance de substance contrôlée dans aucune province.

Pourquoi un médecin refuserait-il de prescrire la testostérone?

Les raisons habituelles viennent des lignes directrices et de la monographie : un taux de testostérone qui n’est pas bas à un dosage fait au bon moment; un projet de grossesse, parce que la testostérone supprime la production de spermatozoïdes; un cancer de la prostate ou du sein connu ou soupçonné; un hématocrite élevé; une apnée du sommeil grave non traitée; une maladie cardiaque instable ou un infarctus ou un AVC récent; ou une cause réversible qui devrait être traitée d’abord. L’Endocrine Society déconseille aussi le traitement avec un APS supérieur à 4 ng/mL ou un nodule prostatique palpable sans évaluation urologique.

Combien de temps faut-il pour voir un spécialiste?

Dans l’Enquête sur l’accès aux soins de santé et l’expérience des patients de 2024, 36 % des Canadiens qui avaient besoin d’une première consultation avec un spécialiste ont attendu trois mois ou plus. L’enquête ne distingue pas l’endocrinologie ni l’urologie, et la plupart des ordonnances de testostérone au Canada sont rédigées en soins primaires sans orientation vers un spécialiste.

Que faut-il apporter à un premier rendez-vous pour une testostérone basse?

Les lignes directrices fondent le diagnostic sur l’histoire, l’examen physique et les résultats de laboratoire pris ensemble. Il est utile d’apporter : vos résultats sanguins antérieurs, la liste de vos médicaments et suppléments actuels, une note sur vos symptômes et leur date d’apparition, vos habitudes de sommeil, et si vous prévoyez avoir des enfants. MyHealth Alberta précise qu’un médecin peut demander une analyse sanguine du matin parce que la testostérone est à son plus haut entre 7 h et 9 h. Les questions à poser se trouvent sur la page sur l’évaluation.

Publié par
TRTCanada.ca.
Publication
8 octobre 2026
Dernière révision
8 octobre 2026
Prochaine vérification
19 octobre 2026

Sources

  1. Ligne directrice de l’Association des urologues du Canada sur le déficit en testostérone (Canadian Urological Association guideline on testosterone deficiency) (Grober 2021), Canadian Urological Association Journal 15(5):E234-43. Date de la source : 1er mai 2021. Consulté le 8 octobre 2026.
  2. Traitement à la testostérone chez les hommes atteints d’hypogonadisme, ligne directrice de pratique clinique (Testosterone therapy in men with hypogonadism, clinical practice guideline) (Bhasin 2018), Endocrine Society. Date de la source : 1er mai 2018. Consulté le 8 octobre 2026.
  3. Supplémentation en testostérone chez l’homme (Testosterone supplementation for men) (Moe, Potter 2025), Canadian Family Physician 71:321. Date de la source : 1er mai 2025. Consulté le 8 octobre 2026.
  4. Recommandations en urologie (Urology recommendations), Choisir avec soin (Choosing Wisely Canada). Date de la source : 1er juillet 2025. Consulté le 8 octobre 2026.
  5. Recommandations en endocrinologie et métabolisme (Endocrinology and metabolism recommendations), Choisir avec soin (Choosing Wisely Canada). Date de la source : 1er avril 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  6. Loi réglementant certaines drogues et autres substances, article 2, définition de praticien (Controlled Drugs and Substances Act, section 2, definition of practitioner), Ministère de la Justice du Canada. Codification à jour au 19 janvier 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  7. Règlement sur les substances contrôlées (DORS/2025-242), articles 1, 153 et 154 (Controlled Substances Regulations, SOR/2025-242), Ministère de la Justice du Canada. En vigueur le 1er octobre 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  8. Règlement sur les nouvelles catégories de praticiens (DORS/2012-230) (New Classes of Practitioners Regulations), Ministère de la Justice du Canada. Codification à jour au 10 décembre 2025. Consulté le 8 octobre 2026.
  9. Gestion des ordonnances de substances désignées par les pharmaciens (Prescription management by pharmacists of controlled substances), Santé Canada. Date de la source : 5 octobre 2023. Consulté le 8 octobre 2026.
  10. FAQ sur la pratique des infirmières praticiennes (Nurse practitioner practice FAQs), Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario. Date de la source : 6 octobre 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  11. Limites et conditions de prescription des infirmières praticiennes (Prescribing limits and conditions for nurse practitioners), BC College of Nurses and Midwives. Aucune date indiquée sur la page. Consulté le 8 octobre 2026.
  12. Ressource sur la prescription de drogues et substances contrôlées (Prescribing controlled drugs and substances resource), College of Registered Nurses of Saskatchewan. En vigueur le 1er octobre 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  13. Fournisseurs de soins de santé primaires, 2023, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (Primary health care providers, 2023), Statistique Canada. Date de la source : 5 mars 2025. Consulté le 8 octobre 2026.
  14. Canadiens ayant un fournisseur de soins de santé attitré, 2024 (Canadians with a regular health care provider, 2024), Institut canadien d’information sur la santé. Date de la source : 1er juin 2026. Consulté le 8 octobre 2026.
  15. Enquête sur l’accès aux soins de santé et l’expérience des patients, 2024 : temps d’attente pour une consultation avec un spécialiste (Survey on Health Care Access and Experiences, 2024: wait times for specialist consultations), Statistique Canada. Date de la source : 29 juillet 2025. Consulté le 8 octobre 2026.
  16. Analyse de testostérone (Testosterone test), MyHealth Alberta. Date de la source : 10 septembre 2024. Consulté le 8 octobre 2026.
  17. Validation d’un questionnaire de dépistage du déficit androgénique chez les hommes vieillissants (Validation of a screening questionnaire for androgen deficiency in aging males) (Morley 2000), Metabolism 49(9):1239-1242. Date de la source : 1er septembre 2000. Consulté le 8 octobre 2026.
  18. Monographie de Taro-Testosterone Cypionate Injection (product monograph), Taro Pharmaceuticals, via Santé Canada. Date de la source : 26 mai 2022. Consulté le 8 octobre 2026.